Vernissage le 17.09 dès 18h30 à la bibliothèque d’art et d’archéologie (promenade du pin 5 – 1204 Genève), visible du 14.09 – 30.10.2026
Les images ont été prises lors de plusieurs manifestations liées au mouvement pour la Palestine, qui a pris une ampleur considérable ces dernières années en Suisse romande. D’autres ont été réalisées plus récemment, lors de la manifestation du 14 juin 2026 – no G7 et grève féministe – mobilisation d’ampleur qui a fait converger des collectifs de Suisse romande et au-delà.
Il pourrait s’agir d’un photoreportage, mais ce n’est pas un travail journalistique objectif ; je tente surtout de capturer l’âme des manifestantes, sans que cela soit fortuit. Les images sont brutes, elles sont prises de l’intérieur, mais avec un but de documentation et de montrer le réel de la situation à certains moments clés de la manifestation. L’entièreté des manifestations ne peut, bien évidemment, être réduite à ces seules images sélectionnées. J’ai essayé de décrire une ambiance, un moment vécu, une sensation. L’expérience de la manifestation est indéniablement liée à l’ambiance sonore, dans l’exposition, il vous est également proposé de prendre le temps d’écouter les slogans captés sur le vif, mais aussi d’écouter une sélection musicale militante.
Le choix de l’argentique n’est pas anodin. Il me semblait important d’inscrire ces manifestations sur un support physique, comme pour leur laisser une trace durable, matérielle, indélébile.
J’aspire à pousser toute personne à se poser des questions sur l’état actuel de notre société. Mes images et mon travail n’engagent que moi ; ce sont mes inquiétudes subjectives face à la tournure que prend notre monde.
Il m’est important que la photographie et l’art soient ancrés dans le réel ; toutes nos actions, consommation, mobilisation citoyenne, ont une portée politique et s’inscrivent dans la société dans laquelle nous vivons. L’art, et par extension la photographie, doit, pour moi, rester connecté au réel et être accessible au plus grand nombre, afin de ne pas rester enfermé dans un entre-soi artistique. L’artiste n’est pas au-dessus des autres personnes qui contribuent à notre société : il en fait partie intégrante.
À travers ce travail, je souhaite également poser la question du droit de manifester, ici en Suisse, et plus particulièrement à Genève, ville internationale qui contribue à la défense de ce droit à travers de nombreuses organisations. C’est aussi le territoire que j’ai arpenté pendant ma jeunesse : j’y suis né, j’y ai grandi. Un territoire que je connais intimement, mais dont la densité et la diversité continuent de nourrir mon regard.
Ma pratique de la photographie ne suit pas une démarche linéaire, mais s’inscrit plutôt dans une forme de déambulation et, évidemment, dans un regard subjectif sur les sujets qui me sont importants. Mes images sont prises en mouvement, elles ne sont pas réfléchies au préalable, elles sont comme un prolongement naturel de mon regard. J’apprécie mêler mots et photographies, travailler aussi bien en numérique qu’avec différents procédés anciens — photogravure, argentique, pochoir et sérigraphie. Cette diversité de techniques et de supports nourrit ma pratique et fait écho à l’importance que j’accorde à la diversité des cultures. Elle ne constitue pas à elle seule une réponse aux tensions qui traversent notre société, mais elle peut contribuer à ouvrir des espaces de dialogue, de compréhension et d’apaisement.
À cet égard, quelques éléments factuels méritent d’être rappelés : en mai 2026, la Suisse a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme (CrEDH) à la suite d’une manifestation qui s’était tenue à Genève en mars 2019. De plus, la gestion des manifestations en Suisse fait l’objet de critiques de la part d’organisations telles qu’Amnesty International, qui mène notamment une campagne en faveur du droit de manifester, sous le slogan : « Tu es libre de danser et de manifester. Manifester est un droit. »
Le droit de manifester – est un droit indissociable lié aux démocraties, c’est aussi un espace où l’on peut exprimer sa colère, son incompréhension face au monde qui nous entoure, sa joie de lutter, son envie d’un autre monde, son utopie d’un monde meilleur pour toutes et tous, sa solidarité avec tous les peuples opprimés. Il est de notre devoir de citoyen, ici en occident de se mobiliser, si nous ne le faisons pas, qui le fera ?






