Exposition qui a eu lieu du 08 au 15 juin 218 à la maison de quartier de Plainpalais, à Genève. L’exposition n’aurait pas pu avoir lieu sans le soutient de la maison de quartier de Plainpalais, mais aussi, et surtout, avec celui de Scène Active qui est un projet de participation sociale et culturelle en lien avec les arts de la scène, qui offre chaque année à une quarantaine de jeunes en situation de décrochage la possibilité de construire leur propre projet, sur le plan personnel et professionnel, dans un environnement artistique collectif.
À travers ces images j’ai voulu montrer comment on peut s’approprier l’espace dans mon immeuble qui se situe en plein cœur du quartier de Plainpalais. Cet immeuble est protégé.
La plupart des personnes de mon immeuble sont ici depuis une dizaine d’années, ils ont commencé à mettre dans le couloir de notre immeuble une affiche, puis une table, une chaise, un cendrier, etc. En bref, ils ont donné une seconde utilité, une seconde vie, aux couloirs si vides de notre immeuble.
À l’heure qu’il est, nous sommes de plus en plus sur la planète terre. L’espace devient de plus en plus rare, on essaie de se créer des espaces à nous où il est possible de marquer notre territoire, notre identité.
Ce qui est intéressant, c’est comment les petits aménagements des gens reflètent leurs personnalités. Dans un immeuble qui serait plus surveillé, cela ne serait pas possible. Tandis que dans cet immeuble peu contrôlé, les gens ont tendance s’approprier l’espace.
Mais au fond cet espace dans les couloirs de l’immeuble, ne leur appartient-il pas un peu ?
C’est vrai, pourquoi est-ce que nous cloisonnons tout ? Chaque millimètre. Tout ça pour pouvoir entasser le plus de monde dans le moins d’espace possible.
Il est vrai que nous sommes de plus en plus d’êtres humains, mais ce sont souvent les classes les plus basses qui doivent s’entasser dans des quartiers dits “populaires”. Pour avoir de la “place” faut-il être riche? Quelle est la véritable richesse?
Sans argent nous ne sommes rien dans cette société. Sans toi non plus. Sans liberté aussi.
C’est cette liberté que je souhaite revendiquer à travers ces images. Cette richesse-là. Je trouve que c’est une belle preuve de liberté ainsi que de confiance entre les gens, que de laisser et mettre à dispositions ces mobiliers. C’est une belle manière de s’affirmer. C’est ces petits morceaux d’existences que je souhaite mettre en valeur. Et c’est ceux-là qui font notre richesse.















